CHARTE DU MSU

Préambule
Les maitres de stage des universités de médecine générale sont sollicités pour la formation des externes et des internes en milieu ambulatoire. Le stage d’externat est obligatoire pour tous les étudiants de médecine et a une durée identique aux autres stages. Cette charte reprend les grandes lignes des obligations pédagogiques dévolues aux MSU.

Les objectifs de stage d’externat en médecine générale ambulatoire sont les suivants :

• appréhender les conditions de l’exercice de la médecine générale en structure ambulatoire;

• appréhender la prise en charge globale du patient en liaison avec l’ensemble des professionnels dans le cadre d’une structure ambulatoire de premier recours;

• appréhender la relation médecin-patient en médecine générale ambulatoire et la place du médecin généraliste au sein du système de santé;

• se familiariser avec la démarche clinique en médecine générale, la sémiologie des stades précoces des maladies et des maladies prévalentes en ambulatoire: entretien avec le patient, analyse des informations recueillies, examen clinique médical, démarche diagnostique, prescription, suivi d’une mise en œuvre et coordination d’une thérapeutique;

• se familiariser avec la démarche de prévention et les enjeux de santé publique;

• appréhender les notions d’éthique, de droit et de responsabilité médicale en médecine générale ambulatoire • comprendre les modalités de gestion d’une structure ambulatoire.

Les objectifs du DES de médecine générale sont de former des médecins capables :

• de prendre en charge un patient en soins premiers ambulatoires

• d’intégrer les fonctions et spécificités de la médecine générale • d’assumer les différentes missions de la médecine générale

• de maîtriser les tâches professionnelles • de développer une activité de santé publique

Cet enseignement est pour partie assuré par les médecins généralistes enseignants, lors des stages en milieu ambulatoire et des enseignements théoriques dispensés à la faculté. Pour assurer au mieux leurs missions de formation, les enseignants maîtres de stage s’engagent à respecter les règles d’une charte établie d’après la réflexion commune d’enseignants généralistes de divers DMG. Les qualités attendues des maîtres de stage s’appuient sur des critères de qualification définis par l’Union Européenne des Médecins Omnipraticiens (U.E.M.O.).

Critères de qualification des maîtres de stage

Le généraliste motivé pour enseigner pourra proposer sa candidature à l’agrément si lui et son cabinet répondent aux critères suivants :

• Expérience et activité en médecine générale

• Compétence en médecine

• Compétences pédagogiques

• Cabinet offrant un environnement favorable à la formation

Expérience et activité en médecine générale

Avant de devenir maître de stage, le médecin généraliste aura au moins deux ans (pour l’enseignement des internes) et au moins un an (pour la formation des externes) d’exercice de la médecine générale avec une activité d’au moins 4/5 en médecine allopathique.

Compétence en médecine générale. L’enseignant clinicien ambulatoire est un modèle médical et professionnel. Ceci nécessite :

• la participation régulière à la formation médicale continue (FMC) ou DPC • l’acceptation d’une évaluation régulière

• l’entretien d’une documentation accessible et mise à jour Le maître de stage MSU enseignant clinicien ambulatoire est capable d’intégrer les facteurs socio-économiques et psychologiques dans sa démarche médicale. Il a une bonne expérience du travail avec des professions paramédicales, de relation avec des médecins d’autres disciplines et l’utilisation de filières de soins. Par ailleurs, le maître de stage a une bonne organisation et d’une bonne gestion de son cabinet.


Compétences pédagogiques
.

Le MSU fera preuve d’une participation active aux différents volets du DES de médecine générale. Ces compétences lui permettront :

• d’identifier les besoins de formation des externes et des internes, de choisir la méthode pédagogique adaptée et de l’évaluer

• d’utiliser plusieurs méthodes différentes d’enseignement et de formation

• d’organiser un programme de formation large tenant compte des différents aspects de l’exercice

• d’aider l’étudiant dans le domaine relationnel tant avec les patients que leurs familles

• de familiariser l’étudiant avec le système de santé et d’assurance maladie

Cabinet offrant un environnement favorable à la formation.

Le terrain de stage doit offrir à l’étudiant un cabinet et un environnement favorables à l’exercice professionnel et à la formation, autant dans son aspect matériel que celui de l’organisation et de la gestion. Les points suivants sont essentiels :

• Nombre de patients Le nombre de patients soignés par le MSU doit être suffisant pour faire connaître à l’étudiant le champ complet de la médecine générale. Ce seuil inférieur est évalué à 2500 actes /an. A l’opposé, la patientèle ne doit pas être trop importante car cela nuit à la disponibilité du médecin à l’égard du stagiaire, soit un maximum de 6500 actes/an, ou 50 à 130 par semaine.

• Espace et équipement Les locaux doivent être adaptés à l’enseignement de la médecine générale (équipement, informatisation). De façon idéale, les lieux d’apprentissage devraient permettre à l’interne et au maître de stage d’effectuer les consultations simultanément ou séparément. Ils comportent une petite bibliothèque médicale avec revues, vidéos, livres ou journaux, un accès Internet pour les recherches documentaires.

Agrément L’agrément des MSU,

qui doit s’appuyer sur les critères précédemment décrits, est assuré par les responsables universitaires du DES à partir :

• D’une lettre de motivation adressée au doyen de la faculté et au coordonnateur du DES de médecine générale spécifiant la demande d’agrément

• Des pièces permettant d’apprécier que le candidat à la maîtrise de stage remplit les critères de qualification des maîtres de stage. (Questionnaire d’activité et d’investissement professionnel mis à disposition par le DMG, copie du dernier RIAP relevé individuel d’activité professionnelle, attestations de participation aux formations pédagogiques.

L’agrément à la maîtrise de stage est donné pour CINQ ans par une commission régionale sous l’autorité de l’ARS pour l’agrément à l’accueil des internes, ou lors d’une réunion de conseil de gestion pour l’accueil des externes, après avis consultatif du conseil départemental de l’ordre des médecins.

• Les MSU justifieront de leur formation pédagogique et de l’ensemble des critères de qualification exigés pour demander leur renouvellement d’agrément, en particulier en tenant à jour leur C.V.

• L’agrément permet de figurer sur la liste des maîtres de stage, ce qui n’implique pas de recevoir systématiquement un étudiant (adéquation nombre de candidats/nombre de postes variable à chaque période de stage).

• L’usage d’outils électroniques valides est indispensable à la liaison entre le DMG et le MSU. De plus, l’étudiant doit pouvoir y travailler sur son lieu de stage. Une adresse électronique fonctionnelle est une obligation.

Formation

• Le candidat à la fonction de maître de stage doit, avant toute mise en situation effective, suivre une formation pédagogique initiale validée par le département de médecine générale.

• Une formation pédagogique et professionnelle est obligatoire. La participation à l’une des deux journées universitaires des MSU et une formation de pédagogie ou programme DPC est le minimum requis.

• L’absence aux réunions et/ou aux séances de formation peut entraîner une interruption réversible de la fonction de maître de stage, voire, en cas d’absences réitérées, une radiation de la liste des maîtres de stage.

Droits et devoirs

Le maître de stage des universités s’engage à :

• exercer ses fonctions d’enseignement avec rigueur,

• prévenir sa compagnie d’assurance de sa qualité de maître de stage,

• suivre les recommandations pédagogiques définies par le Département de médecine générale, notamment édictées dans les bulletins d’informations, sur le site du DMG et au cours des formations pédagogiques,

• aider la progression de l’étudiant dans ses activités de soins et dans la production des travaux pédagogiques demandés au cours du stage à fin d’évaluation,

• travailler en partenariat avec le tuteur de l’interne qui le suit tout au long de son 3e cycle (l’étudiant est tutoré de façon individuelle par son moniteur responsable du groupe d’entrainement à l’analyse des situations professionnelles auquel il appartient (GEASP),


• établir une évaluation précise de l’étudiant selon les modalités propres à chaque stage pratique, externat, stage de premier niveau de DES ou stage ambulatoire en autonomie et supervisé (SASPAS).

• accepter que les étudiants remplissent à l’issue de leur stage une évaluation de leur lieu de stage et de leur enseignant. Cette évaluation est mise à disposition des praticiens lors des semestres ultérieurs.

• prendre connaissance des courriers et des courriels qui lui sont adressés et y répondre en temps utile.

Pour sa part, le département de médecine générale s’engage à :

• assurer le flux le plus constant possible (été/hiver) d’internes aux maîtres de stage qui le souhaitent

• adresser les évaluations individuelles des étudiants après la fin du stage • défendre la fonction d’enseignant des maîtres de stage auprès des autorités facultaires, du CNGE (collège national des généralistes enseignants) et des autorités de tutelles

• proposer la nomination en tant qu’attaché d’enseignement des maîtres de stage remplissant pleinement leurs fonctions et réalisant au moins 5 séances d’enseignement par an (ateliers, séminaires, groupes d’entrainement à l’analyse de situations professionnelles …).

Les stages
Stage d’externat en médecine générale

Il concerne des étudiants en médecine de DFSAM1 (4ème année de médecine) ou DFASM2 (5ème année de médecine). Sa durée est de 1 mois ½ temps plein, ou 60 demi-journées effectives de présence. Les objectifs sont détaillés dans le préambule de la première page. Le rôle de l’enseignant généraliste est primordial : en effet, ce temps ambulatoire est obligatoire pour tous les externes, il sera peut-être le seul contact réel en situation d’apprentissage en soins de premier recours pour certains médecins. Il est aussi une chance pour la discipline médecine générale d’être connue et choisie de façon intentionnelle lors des épreuves classantes nationales ECN. Plus de la moitié des promotions d’étudiants en médecine seront médecins généralistes.

Stage ambulatoire d’internat de médecine générale dit stage de premier niveau N1

• L’objectif de ce stage est la mise en autonomie progressive de l’interne.

• Le MSU met en œuvre avec souplesse, en fonction des compétences développées par l’étudiant, les trois phases pédagogiques du stage: observation, supervision directe et indirecte.


• Il conduit l’étudiant à réaliser les travaux d’écriture, de type récit de situation complexe authentique « RSCA », en lui apportant une aide pédagogique, et matérielle. Les traces d’apprentissages sont tous les éléments de rédaction, de synthèse, de productions pédagogiques, de grilles de compétences, d’évaluations, de fiches de supervision, de rapports de stages, de travaux de recherches. Ces traces écrites constituent le port folio.

• Il procède, tout au long du stage, à une évaluation de l’interne selon les critères définis par le département de médecine générale.

• Organisation de l’enseignement o Adapter celui-ci en fonction du projet professionnel de l’interne (objectifs pédagogiques personnalisés définis à partir des objectifs généraux du DES de Médecine Générale) et des acquis. o Effectuer régulièrement avec l’interne des rencontres, des réunions médicales et pédagogiques. o Le MSU encaisse l’intégralité des honoraires des actes effectués par l’étudiant. En contrepartie, il doit mettre à disposition de l’étudiant un cadre d’activité et notamment des équipements (locaux, matériel, secrétariat) permettant un exercice de la médecine générale dans de bonnes conditions. Il reverse à l’étudiant les frais de transport occasionnés par les visites médicales réalisées dans le cadre professionnel lorsque ce dernier utilise son véhicule personnel.

• Les MSU perçoivent des honoraires pédagogiques dont le montant est fixé par la loi.

Stage ambulatoire de niveau 2 en soins primaires en autonomie et supervisé (SASPAS)

• L’objectif du SASPAS est l’exercice professionnel de l’étudiant en autonomie. A la différence du remplacement, ce stage est séniorisé : le MSU doit réaliser une supervision indirecte, constante et régulière. Pour respecter des conditions optimales d’apprentissage, le nombre de consultations ne devrait pas dépasser 20 actes en moyenne par journée d’autonomie.

• Le SASPAS est effectué au sein de cabinets de médecine générale ambulatoire, unités de soins, d’enseignement et de recherche. Les MSU en charge d’un interne en autonomie doivent avoir validé un cursus de formation pédagogique complet (S1 initiation à la maitrise de stage, S3 supervision directe, S4 supervision indirecte, S5 SASPAS). • Le MSU encaisse l’intégralité des honoraires des actes effectués par l’étudiant. En contrepartie, il doit mettre à disposition de l’étudiant un cadre d’activité et notamment des équipements (locaux, matériel, secrétariat) permettant un exercice de la médecine générale dans de bonnes conditions. Il reverse à l’étudiant les frais de transport occasionnés par les visites médicales effectuées dans le cadre professionnel lorsque ce dernier utilise son véhicule personnel.

• Il doit, en échange des honoraires des actes, un temps pédagogique au département de médecine générale. Cette redevance pédagogique est de différentes formes : participation à des enseignements dirigés, ateliers, groupes de pairs, groupes d’entraînement à l’analyse des situations professionnelles (GEASP), tutorat, ou autres activités pédagogiques du DMG, formation personnelle pédagogique et scientifique, préparation de formations, participation à des travaux de recherche, encadrement des externes ou de thèses.


• Les MSU perçoivent des honoraires pédagogiques dont le montant est fixé par la loi. • Le département de médecine générale établit chaque semestre la liste des MSU de premier niveau et la liste des MSU habilités au SASPAS, en fonction des possibilités locales d’organisation et des critères définis ci-dessus.

Bilan des stages et modalités d’évaluation Ils comprennent :

• un rapport du maître de stage,

• un rapport de l’interne. Ces deux rapports comportent des fiches d’évaluation. Le DMG propose une évaluation des MSU à laquelle ces derniers doivent participer.

Cours facultaires

Le maître de stage des universités est un enseignant à part entière et peut être sollicité pour d’autres formes d’enseignements : modules, ateliers, ED de groupes de maîtres de stage, tutorat, GEASP (groupes d’entraînement à l’analyse des situations professionnelles)… Le MSU peut être amené à diriger la thèse de son interne en lien avec la commission recherche du DMG et/ou à participer au jury de thèse. Il peut également être sollicité pour des travaux de recherche d’internes comme investigateur.

En fonction des orientations pédagogiques définies par le département de médecine générale, cette participation pourrait être obligatoire dans le cadre du temps libéré par l’interne en SASPAS.